Un petit billet pour signaler l’initiative de la revue Enjeux Les Echos qui a mis ses actes en accord avec le contenu de son hors-série en mettant en ligne une version 3D du magazine traitant des mondes virtuels et présentée comme « le premier magazine virtuel et animé ». On peut croiser dans un loft des spécialistes, écouter des interventions, se projeter des clips et bien sûr converser entre avatars visiteurs…s’il y en a. Alors que les technologies progressent rapidement et que le cabinet Gartner prévoitque 80% des internautes auront des avatars évoluant dans des univers 3D d’ici 2011, on peut s’interroger sur l’avenir du web 3D non seulement dans les domaines scientifiques, techniques, culturels ou commerciaux, mais aussi sur la forme que pourrait prendre la diffusion de journaux ou de revues par l’intermédiaire de ce support. A noter que la réflexion des artistes sur ces mondes virtuels est absente de ce numéro, ou plutôt à peine effleurée au travers de certains sujets.
La réponse paraîtra peut-être évidente à certains. Elle ne l’est pas toujours comme en témoigne l’émission de France Culture Science publique qui a posé la question au travers d’interventions de Maurice Benayoun et David Guez en particulier. En effet, la création numérique est souvent mal connue et mal reconnue, en France en particulier, peut-être pour des raisons générationnelles, ou parce qu’on l’assimile seulement à l’utilisation d’une technique, ou tout simplement parce qu’elle nécessite de renouveler les cadres traditionnels de l’analyse d’une œuvre d’art. A condition d’accepter d’abandonner les a priori, il faut bien constater que bien au delà de la simple numérisation des activités existantes auparavant, les artistes du numérique mènent une réflexion souvent pertinente sur l’utilisation de ces technologies. Que ce soit sur la nature de l’image numérique, sur la relation à l’espace et au temps, sur la structure du réseau et sur la place qu’y occupent le corps et la sensorialité, mais aussi sur les concepts d’auteur, d’œuvre, de receveur, ainsi que sur leurs relations, tout comme sur les changements apportés à la communication, cet art a beaucoup à nous dire. Parce qu’ils s’adressent au sensible, les artistes du numérique ont la capacité de porter à la perception de chacun les modifications des relations au monde apportées par les TIC. Ils jouent en quelque sorte un rôle de médiateur ou un rôle de vigie (comme le pensait d’ailleurs Mac Luhan). Une visite à la galerie Numeriscausa qui expose à partir d’aujourd’hui à Paris quelques oeuvres représentatives pourrait bien convaincre ou tout au moins questionner les sceptiques.
Un petit billet du monde (le journal), m’a fait me précipiter sur Internetworldstats. Et là, j’ai cru comprendre que le taux de pénétration de l’Internet en Asie étant près de six fois inférieur au taux de pénétration en Amérique du nord, mais que les internautes sinophones n’étant que deux fois moins nombreux que les internautes anglophones, un taux de pénétration égal, ce qui ne tardera guère au rythme actuel, relèguerait l’anglais au rang d’une honorable seconde langue voire moins. je vous laisse faire le calcul…Pénétrée par cette idée, j’ai vu une question incongrue prendre tout à coup de la consistance. D’autant plus que l’Icann vient d’autoriser onze alphabets non occidentaux pour rédiger les adresses. Je vous quitte , c’est l’heure de mon cours d’anglais en ligne…
Pour info :
- Taux pénétration :
Asie : 12%
Am Nord : 70%
- Langues des internautes :
Anglais : 31%
Chinois : 16%
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